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 ALAIN BÉSIL, MENDIANT

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Alain Bésil
Bavard
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Nombre de messages : 24
Localisation : Terre ...Pour le moment...:-)
Date d'inscription : 29/09/2005

MessageSujet: ALAIN BÉSIL, MENDIANT   Mer 3 Oct - 14:39

Le dieu romain Mercure est à la fois le patron
des voleurs,des voyageurs et des commerçants.

David Haidecèdre.

C’est fou ce qu’il faut faire pour devenir écrivain. En fait il faut des blanches pages et beaucoup de pensées. Quant à la grammaire, si on en consulte 5, on est plus ignorant qu’au départ. J’ai donc décidé d’abandonner le ; point.

J’avais écrit une nouvelle sur un personnage qui était un mendiant. Bref, il vivait des restes de la société. Comme ce porc, que j’ai connu, jeune ( le porc et moi), qui bouffait les restes des repas des bûcherons quelque part en Abitibi. Un beau cochon rose que les vendeurs de peintures auraient nommées – eux, avec leur poésie de teintes – pierre volcanique. . Mendier , c’est comme sucer la richesse sans vraiment y goûter.
Mais pour écrire il faut parfois se glisser dans la peau d’un autre… C’est comme ça que j’écris mes romans, il faut que je les vive.

Je me suis donc dirigé vers Montréal, le nombril du Québec, et je me suis vêtu des atours les plus farfelus. En fait j’ai acheté une paire de jeans neuf, mais déjà vieillis , avec des déchirures aux genoux, comme si j’avais frotté et lavé le plancher de la Cathédrale de Vieuville. Vieuville, est, je crois, vieille ville de France, un quartier de Paris. Elle n’est pas sur la carte, mais la Cathédrale est toujours là, témoignant du paysage psychique des moines aux âmes râpées qui produisaient , se levant chaque matin, un fromage exquis nommée L’âma. Seuls les historiens qui ont fait un doctorat sur L’histoire de la pierre aux moyen-âge peuvent capter mon propos. L’âma, d’une odorant parfum de pet de chèvre, se déguste le matin à jeun, si possible.

Ma première promenade dans les rues propre de la ville fut un succès mitigé. Je me suis buté à des hordes de minorités ethniques. Montréal, c’est l’Halloween en plein juin. Même les employés de la ville sont accostés aux murs délabrés, un balai entre les jambes, et un cure-dents au coin de la bouche. Fainéanter, c’est l’école de la magie. Des Harry Potter…
Deux blondes me frôlèrent , dont l’une avec un teint de lait 2%.
- Depuis des semaines, je vois des points noirs.
- Ah! Zut! Tu as vu un optométriste.
- Non, rien que des points noirs.
Près d’une fontaine, se tenait lugubrement un type tellement drogué qu’il aurait pu faire le Tour de France trois fois avec une bicyclette.

Je comptais sur contraste du décor et celui de mon air à tendance pierre fripée pour avoir du succès, mais pris un moment au milieu d’une bande de squeegies , j’avais l’air d’un banquier.

J’avais beau tendre la main, rien ne marchait. Je m’étais enduit d’huile de noix de coco et d’un parfum affadissant en m’astiquant tout le corps d’une une page de magazine de mode rempli de pubs d’échantillons de parfum.

Je marchais à quatre pattes, d’ailleurs, pour imprégner mes ongles de noir. J’avais posé une fausse barbe de père-noël dégotée dans un magasin à un dollar. Je l’avais baignée pendant une vingtaine de minutes dans une poubelle de resto fast food. Quand je me la suis posée sur le visage, j’ai eu envie de vomir. Il n’y a rien de pire qu’un peperoni flat et passé date. À 34 degrés C, la date suit l’équation d’Einstein : elle passe de janvier 2007 à février 2010 en moins de cinq minutes.
Je compris alors l’équation d’Einstein. E=mc 2
Engouffrer, la masse le plus vite possible. Sinon, un fois rendue dans les boyaux, elle se transforme – la viande – en un venin qui déstabilise la suspension des molécules. On assiste alors à un changement drastique et gastrique. Le gaz produit est si fort que l’on a plus besoin de ses deux jambes pour avancer.

Je me suis dit qu’il fallait faire du troc. Alors j’ai écrit quelques poèmes que j’ai essayé d’échanger pour quelques cents.
- C’est pour un café.
- Menteur, tu veux aller boire…
- Mais…, hésitai-je, gêné, lisez mon poème…
- Non, y en a plein sur le Net.

La deuxième «cliente» était une dame au visage émacié et à la corpulence d’acier. Mais elle avait le regard des chiens de la Reine d’Angleterre. Un teint de médiévaux. Comme disait James Blunt :
Your journey’s been
Itched on your skin..

Son teint était si farineux qu’on aurait pu faire du pain en la brassant un peu… Ou un enfant…La boulange est un métier…Chaque homme a son levain…

- Il est midi, vaut mieux manger… ajouta-t-elle, avec son air de pitié
- Tenez.
C’est en souriant qu’elle me tendit un deux dollars canadien.
- Et mon poème?
- Gardez-le. Dit-elle sur un ton mielleux allant avec la bruine ayant enfumé ses yeux , comme si une rosée avait passé par un beau matin d’affliction automnale sur son âme.

- Allez vous payer un bon repas au fast food.

- Non, merci. C’est pour la barbe…

J’ai continué mon petit bonhomme de chemin. En passant près d’une banque, trois hommes sont sortis avec des armes, tous déguisés comme moi. Je me suis dit que c’était un drôle d’endroit pour aller quêter. Et encore…
Nous entendîmes, au loin, le sifflement des sirènes. Une voiture démarra plus vite que son ombre. Les bandits – me prenant pour l’un d’entre eux – me lancèrent le sac d’argent. J’ai pris la fuite avec les jambes à mon cou – ce qui n’est pas très difficile, vu mon 1m60 – dans une ruelle. J’ai pris un sac vert de vidanges – genre poupa – et j’ai enfilé l’argent dans celui-ci. Je l’ai lancé dans une poubelle de recyclage. La mode est au vert. Le diable est aux vaches.
J’ai sorti mon beau costume de banquier, bleu, avec des rayures blanches.
J’ai tellement compté de policier que je me suis endormi. Ils étaient vêtus comme des moutons noirs, casqués, armés comme s’ils se promenaient en Afhganistan.

C’est à 11h00 que je suis allé récupérer le sac.
J’étais planté devant un magasin d’appareils électroniques et je regardais, sans son, les images. Les trois individus avaient été capturés, mais on n’avait pas retrouvé l’argent.

J’ai pris un taxi.
- Direction? Monsieur…
- Bof! Au nord…Bourg, si possible.

Le chauffeur me réveilla. J’étais si bien que je lui signifiai de laisser le compteur tourner, désirant passer la nuit sur la banquette arrière.
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Plume
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Date d'inscription : 16/02/2006

MessageSujet: Re: ALAIN BÉSIL, MENDIANT   Sam 9 Avr - 14:36

Cette histoire est tres cocasse Alain .Et si c,était vrai?
Tres bien écrit , je lis la suite...Plume Smile
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ALAIN BÉSIL, MENDIANT
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