Délires et propos sensés

Écriture, tout genre confondus
 
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 E.T. and me

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Alain Bésil
Bavard
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Nombre de messages : 24
Localisation : Terre ...Pour le moment...:-)
Date d'inscription : 29/09/2005

MessageSujet: E.T. and me   Sam 20 Oct - 15:44

Plus un chien a d’oreilles, plus il entend.
Ossani Barbadus ( 3000 ans avant J.C.)

Plus un humain prend du Viagra, moins il entend.
Le journal.





La plupart du temps, je me lève à 5 heures pour écrire. J’arrête à 7 . Je me fais un lunch et je vais bûcher. La tronçonneuse émet un bruit capable d’éteindre les plus dévorantes émotions. Si la tronçonneuse avait existé au temps de Proust, eh ! ben, on n’aurait pas perdu de temps. On aurait échappé derechef d’œuvre au Du côté de chez Cygne. Cette machine enterre tout dans une réaction en chaîne d’une indubitable efficacité.

Aux aurores rosées d’octobre, je me glisse dans ma Colt 92, blanche-rouille. Je l’ai gardée pour éteindre l’industrie américaine et japonaise, réduire les gaz à effet de serre.
Ce matin-là, n’ayant pas le temps de me faire un lunch, je m’arrête au McDo et je demande à la fille déjà embonpointée, un Big Mac. Elle a le regard d’une sardine qui baigne dans l’huile d’olive.
- Un déjeuner, vous voulez dire ?
- Non je suis écrivain, j’ai besoin d’énergie.
Une cégépienne, ( 1.5 plus haut que le Lycée ) qui comprend encore rien à la vie et à tous les tourments dont les écrivains se livrent ( de livre) chaque jour pour activer les fruits d’un cerveau camusien, tentant de liposuccer la bêtise humaine.
- Non, vraiment , Mademoiselle, donnez-moi un Big. Je le réchaufferai sur un feu de camp.
- Une salade avec ça ?
- Une salade ?
- Non, des frites, Sèches, roides, comme d’habitude…
Je sors et je me glisse dans le bolide, en me tenant la tête comme les policiers le font, pour ne pas me fendre le crâne et être obligé d’engager un avocat pour me poursuivre.


Je file,l e pied lourd sur une route cabossée jusqu’à la forêt. Je jette un œil alentour, pour voir s’il n’y a pas de médecins – ces mécaniciens du corps, puis je m’allume une cigarette.
Octobre, au Québec, c’est beau comme une rousse qui mange une carrotte toute nue, le feu aux yeux. Sans queue. Les érables tournent leur chevelure à l’irlandaise, le panache roussé, jaune, amarante, andrilope, aux reflets purpurins, tout ça dans une danse de luminositées rocaillées. Beau ! Beau ! Beau ! De temps à autres, une feuille d’érable se colle à mes essuie-glace, comme pour m’annoncer la venue de l’hiver. En américain, on nomme cela un flyer.

J’arrête à midi. Repus, affamé .
Tout au repos, le teint lie-de-vin, paresseux de respirs , Je récupère la partie paradisiaque de mon primordial être.
Je sors mon Big Mac. Une bouchée… À peine… Mes lèvres se crispent comme si j’étais victime d’un AVC. Sourd d’un nuage de vaisseau spatial en forme de Big Mac. Pas de bruit, une insonorité inexprimable. Je pouvais le voir semblable à un disque au bord net et à l’arête vive, lumineux et brillant, sans toutefois que mes yeux se fatiguent. Un disque plat et poli, taillé de nacre d'une coquille, se dessinant nettement avec un bord taillé en arête comme une planche à jeux. Vertigineux dans son mouvement. Une masse ignée au dessus des cimes rougies.

Trois clowns avec de grands yeux en cosses d’orange en sortent. Maigres comme des mannequins qui se font vomir pour être belles… Ils se dirigent vers moi à petites enjambées. Après avoir vu la série TAKEN, je me suis dit que j’étais peut-être en danger. Je prends mon cellulaire : 911. Rien. Pas de signal. Je sors mon canif…Ils s’approchent. Je sors mon briquet. Ils s’approchent. Je sors la circulaire de Provigo. À la vue des steaks sur la première page, ils reculent.

- Vade Retro ! E.T. d’Ostie.
Silence. Ils ont les lèvres serrées comme losqu’on pose des questions compliquées aux politiciens. Ils sapent un brin, préparant leur sapin. Pour nous en passer un.

Discussion ? C’Est bien ce que je ressens. Mais avant, comme je suis curieux de vérifier certaines théories concernant l’histoire des religions : je me tire les cheveux, je me dessine une barbe avec de l’huile à chaîne et j’entame le NOTRE PÈRE, en latin.
Pour m’assurer que je n’ai pas la berlue, je refais l’équation de Drake. Il a eu l’intelligence d’essayer de savoir si des civilisations extra-terrestres existaient et pouvaient nous contacter.

N=R XfpXneXfiXfiXfeXL

La mine de mon crayon se casse. Ce que n’avait pas prévu Drake…

Pendant que je lime les dents de ma scie, j’entame une conversation par le biais de la pensée.
Quel est le but de votre visite sur Terre ?
Étant donné qu’ ils peuvent se transformer à souhait, je vois apparaître Cameron Diaz, suivie d’Albert Einstein. Charlie Chaplin et d’Hitler se tiennent par la main. Maria Callas chante Myr Heart will go on sur un grand navire. Tous les naufragés du Titanic passent devant moi. Mais le tout se fond dans un mouvement à la fois fluide et rapide. St-François d’Assise se dévoile derrière un maigrichon qui prend forme : il a les cheveux mauves et essuie un pare-brise d’auto. Yudi Menuhin s’approche avec une Fender Stratocaster.
Je suis oreille bée. Les yeux grands comme l’orgueil d’un banquier.

C’est alors que dans un chœur immense, cachant tous les arbres de la forêt, un cirque étrange se met en branle : Charlie Chaplin sculpte des visages tordues à la manière de Picasso pendant qu’Hitler entame au violon un air juif. Maria Callas, elle, chante d’une voix si aigue que le Titanic se fend en deux et coule avec une statue de Marilyn Monroe en guise de proue. Passe un morse qui joue de la guitare en faisant un strip-tease. C’est John Lennon avec sa voix nasillarde , chantant Lucy in the sky with diamonds à la manière de. Les 1500 victimes du Titanic ont remplacé tous les arbres, se promènent et applaudissent. Puis une petite femme sort d’un terrier : Mère Térèsa : elle a les joues joufflues, remplies de noisettes qui se transforment elles-mêmes en des ballons de lumières s’envolant vers le ciel. Picasso apparaît et se met à faire de la peinture à numéros.
Se présente ensuite un petit barbu, avec des trous dans les mains qui regarde un nuage plat comme un pain libanais. Sur ledit nuage roule Stephen Hawkins dont les roues du fauteuil sont des montres : à chaque fois qu’il avance, le temps recule.
Pourtant, j’en ai vu d’autres, dont Eva toute nue.

Tout d’un coup mon univers chavire.
Le grand trou noir. Un bref instant…
Les E.T. sont devenus presque normaux. J’ignorais ce qu’ils voulaient…Mais je le sus tôt… Ils voulaient un exemplaire des tests de Q.I. que l’on donne aux élèves du secondaire.
En bon humain que je suis, je suis retourné à l’auto et j’ai tiré un formulaire d’impôt du fédéral et du provincial du Canada.

Quand je suis parti ils étaient encore à remplir le formulaire.

Le lendemain, au retour, ils étaient à moitié mort. L’un d’entre eux avait passé le formulaire d’impôt au complet et se retrouva secoué d’une crise d’épilepsie. Je l’ai calmé en lui enduisant le front du contenu d’une capsule de lécithine puis je lui ai collé 7 timbres de nicotine. Le chiffre sept, dans la cabbale, est mythique. Mais dans la vie, sur cet E.T., ce fut magique. D’abord j’ignorais son sexe. Je l’ai su.
Les trois E.T. prirent les formes d’un barbu, d’une colombe, et d’un type que j’ai déjà aperçu sur You Tube.


Épuisés, je les ai embarqués le vaisseau, j’ai parlé au système de propulsion du tableau de bord : Go to U.S.A. C’est assez simple, c’est comme taper dans les mains pour éteindre une lumière. Ce que je fais toujours chez moi le soir. Le système est bien, sauf que l’été avec la tapette à mouche, cette saprée lumière n’arrête pas de s’éteindre et de se rallumer. Quand les mouches s’éteignent, la lumière se rallume…

Le vaisseau est parti…
Pas forts ces E.T. : pas capables de survivre à un simple rapport d’impôt. Moi, c’est mon comptable qui me le fait. Pas parce qu’il est intelligent, justement c’est qu’il faut quelqu’une de pas intelligent pour faire ce genre de choses. Je lui paye une paire de souliers à chaque fois. Un soulier pour le pied gauche, un autre pour le pied droit.

***
Roulant dans ma Colt 92, je lorgne le poster de Kurt Cobin en chantant :
You can eat fish
Cause they don’t have feeling
Something in the way
Something in the way


Quelle belle journée ! Le soleil traînait son bouquet de couleurs pourpres sur les montagnes de Charlevoix. Des stratus, des nimbus, cirrus, des uranus, léchaient lentement le ciel d’un trajet feutré, récalcitrant à rejoindre l’Est et le reste de la planète de son clair-obscur déjà manifeste.

Mais, ce qu me tracassait, au fond, c’était ce délire étrange, ce cirque du soleil en pleine forêt.
J’appelle Eva à l’aide de mon cellulaire.
- Vous devez consulter. Je suis toutefois trop occupée en ce moment, je me suis fait un masque de concombre…. Je vais vous donner le nom d’un psy très renommé. Le Doc Mayou.
***
J’entre dans son bureau. Un barbu. Toujours barbus les psy, comme pour se glisser dans la peau de Freud.
Il se déplace avec une béquille, ayant perdu un bout de jambe en essayant de sauver quelqu’un dans un accident de la route.
Il est assez singulier : avant chaque séance, il se couche sur le divan, avec un micro et se vide le cœur… et le reste. Il a besoin de se thérapiser avant de faire une thérapie.
- Je bande dur, malgré mon âge. On devrait castrer tous les prédateurs sexuels. Comme ça, les victimes seraient le bourreaux, mais il n’y aurait plus de victime. Ils ont un spécial au supermarché cette semaine : du veau à 3.25 le kilos.
Puis il se lève d’un bond – d’une seule jambe - , ouvre un ordinateur et fait jouer l’intro de Camina Burana –Ô Fortuna, de Carl Orff. Le chœur de l’armée rouge. Soufflé, je suis. Comme un pop corn dans un four micro-ondes.

- Je ne connaissais pas cette pièce…
- Je l’ai depuis deux mois, elle a été repeinte dernièrement.
- Que s’est-il passé, hule-t-il dans son micro.
- Je ne me souviens pas très bien…
- Alors, hypnotisons…
- Vous allez compter de 10 à 0 ?
- Non, ria-t-il. J’ai d’autres méthodes plus drastiques. Je vais vous lire une chapitre du code Civil du Québec… Étendez-vous simplement. Sans tarder il en débuta la lecture.

Les règles concernant la preuve constituent une réglementation complète et exhaustive du droit de la preuve dans les matières civiles.
Parmi les changements importants touchant le domaine de la preuve, notons la clarification apportée à la réglementation des actes authentiques, la reconnaissance que la preuve de la date d'un écrit sous seing privé peut se faire par tous moyens, l'attribution du caractère d'actes semi-authentiques à tous les actes émanant d'un officier public étranger, la répudiation des règles établies et suivies par la jurisprudence sur la notion de force probante des aveux extrajudiciaires, la codification de la règle de la pertinence, l'attribution du pouvoir au tribunal d'exclure un élément de preuve qui a été obtenu dans des conditions qui portent atteinte aux droits et libertés fondamentaux, l'atténuation apportée à la règle de l'actuel article 1234 de l'ancien Code civil (Code civil du Bas Canada - C.c.B.-C.) en rendant recevable la preuve testimoniale pour contredire un écrit valablement fait lorsqu'il existe un commencement de preuve, la substitution de la notion « d'acte d'entreprise » à la notion « d'acte de commerce », l'introduction de la notion de valeur du litige (1 500 $) comme critère permettant de déterminer dans quels cas la preuve testimoniale d'un acte juridique sera ou non recevable et l'introduction des inscriptions informatiques où le Code s'est rajeuni en reconnaissant la valeur juridique des inscriptions informatiques (on pense, entre autres, aux guichets automatiques et aux paiements directs).

Il claqua des doigts.
- Qu’avez-vous vu au juste… Faites-moi un copie-coller de votre …aventure.
J’ai dû décrire ma vision. Quand il me réveilla, j’étais frais et dispos. Lui, il était toujours frais.
- Votre avis, Doc?
- J’ai pu prendre des notes. Rien de compliqué :

- Vous avez souffert d’une crise de blocage de l’aqueduc de Sylvius, comme chez la souris. Mais, qui plus est, à la rencontre d’un vaisseau spatial propulsé par une giration électromagnétique vibrante, les composites de cet ensemble de situations ont fait en sorte que l’ingurgitation de votre McDo a transformé certains ingrédients en psilocine. De psy et ciné : votre psyché a fabriqué des images et des inversions, voire des transformations radicales des choses et des faits.

- Bref! Vous avez fait une indigestion. Comme lorsque l’on mange des Bonston’s beans, on rêve, on fait des cauchemars. Le vôtre était pour ainsi dire organisé… Puisque votre état d’éveil le – nourrissait – pour ainsi dire…

- Que dois-je faire Doc, Doc, Doc…

- Entrez!

Il éclata de rire .
- Je n’en manque jamais une.
Il poursuivit.
- Le cerveau est complexe : par exemple,j’ai perdu ma jambe, mais je la ressens toujours. Quand ma femme et moi décidons de faire une partie de jambe en l’air, je la lance sur le mur… Et ça fait mal. …. Ah! J’oubliais, évitez les McDo et les E.T. Au fait, comment sont-ils ces E.T.?
- Comme vous, mais ils n’ont pas de salaire.
- Les pauvres. Et leur intelligence…
- Ben! Ils n’ont pas réussi à remplir un formulaire d’impôt.
- Ils sont plus normaux que je ne le pensais… En passant, avez-vous rempli le vôtre?
- Non, je comptais sur les E.T. pour le faire. Je dois donc voir une firme comptable. Et vous?
- Je l’ai rempli à l’envers, comme ça le gouvernement me devra de l’argent.
Il se tape la cuisse et tombe sur le côté.

Je sortis lentement de la pièce.
- Je vous trouve très sympathique Peter. J’espère vous revoir bientôt. Est-ce que les E.T. existent?
- Ce sont eux qui ont créé l’humanité… Vous ne le saviez pas?
- Non. Vous en êtes sûr?
- Non. Mais c’est clairement écrit sur un site internet.

- Je rencontre des gens tellement étranges… J’ai un patient qui se drogue avec des piles alcalines pour montres. Il prétend que ça recule son horloge biologique. 5 piles à $1., c’est tentant.
- Pas besoin de médicament?
- Non, pas cette fois. Quel est votre métier?
- Écrivain.
- Ah! Je suis en train de lire le dernier Goncourt!
- Comment vous trouvez ça…
- Comme ma jambe : il faut que je lance le livre sur le mur pour ressentir quelque chose…

Au moment de sortir, des enfants jouaient dehors. Ils étaient assis sur le gazon avec des portables. Des chiens gambadent en jouant avec des cerceaux. Un sans-abris me demande des sous. Pour éviter qu’ils soient en mauvaise santé, je leur donne toujours une boîte de conserve de nourriture pour chats. Sinon, ils s’en vont se nourrir au fast-food et sont malades comme des chiens.
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