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 Une traînée blanche

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Bavard
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Date d'inscription : 27/09/2007

MessageSujet: Une traînée blanche   Lun 12 Nov - 7:42

Envolée douce de rouge et de noir, de désespoir et de douleur, j'ai enfin tenté d'apaiser mon mal dans l'oubli, dans la sensation libératrice d'apesanteur qui allait peut-être me soulager le temps d'un soir. Tout était à mon profit pour une fois, j'étais seul, et j'ai compris ; oui, j'ai compris au crépuscule d'une dépression mentale qui se voulait irrémédiable, que je n'aurai pas mon destin entre mes mains. Jamais. Et de ce fait, j'ai aussi compris à quel point mes méditations quotidiennes - ces instants fous d'interrogations vaines, de rêveries d'un promeneur tout particulièrement solitaire, à fouiller mes décombres en rouvrant à grand coup de souvenirs chacune de mes plaies, en tailladant le passé de mes incertitudes – encombraient ma nature d'un mal plus lourd que l'espace: moi, le pire de mes fardeaux.
Alors, ce soir, je me suis couché sur la vieille moquette de ma chambre timide et froide, j'y ai étendu mes bras des deux côtés de ma vie bien trop pesante, j'ai fermé les yeux et je me suis arrêté. Je n'ai rien attendu, rien entendu, rien espéré, rien voulu de ce monde hors de contrôle, mais j'ai fait tellement mieux que ça; oui, ce soir j'ai sauvé une bribe du temps, et après l'angoisse de l'existence qui a commencé à tordre mon esprit bien avant l'éternité, j'ai enfin lâché prise. Je me suis oublié, j'ai abandonné mon réseau de pensées en surcharge dans une jouissance mentale inconsciente aussi intense que le croisement de deux corps amoureux et en chaleur.
Ce soir, j'ai embelli le tableau de ma douleur d'une longue traînée blanche.






Mais je rouvre les yeux, et je me dis soudain que si l'éternité est incapable de m'aimer, la mort ferait mieux de ressembler à ça. Peut-être aimerais-je mourir tous les jours si c'est ainsi? Mon réseau relance son filet emmêlé sur mon cerveau, la vie va devoir reprendre son cours, et moi continuer à nager dans la houle à l'écart des rebords que je m'étais imposés en mirage, loin de l'espoir d'avoir la maîtrise de moi-même. Je pense beaucoup trop, depuis beaucoup trop de temps, et je m'isole bien trop souvent au cœur de ma tempête. Je m'engouffre dans les sables mouvants de mon irrépressible besoin de manipuler ma voie, et je constate maintenant avec un goût nauséeux d'amertume que, par peur de me tromper de train, je n'ai su que rester sur un quai vide et obscur.
Je me relève, la soirée s'achève doucement, et mes pensées tentent de s'imbriquer les unes aux autres, mais avec fracas.
Le tableau se noircit à nouveau, la traînée blanche sèche maintenant dans les minutes précédentes. Je revis, le râle ressurgit, et demain peut-être, il s'intensifiera dès l'aube. Ou peut-être pas.
Car ce soir, dans ce moment d'apesanteur et d'oubli, j'ai entrevu l'idée de nouvelles couleurs. Le lâcher prise pourra s'adapter au quotidien je crois, et qu'importe la maîtrise au final, je finirai bien par oser prendre un train. Peut-être même le prochain qui sait?
Le futur me doit bien des nuances de gris.
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