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 Tête à claque ou cohabitation difficile

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blond''hein''

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MessageSujet: Tête à claque ou cohabitation difficile   Mer 20 Avr - 4:28

Jean-Louis était arrivé de travailler épuisé comme d’habitude. Tout ce dont il avait envie, c’était de s’écraser devant sa nouvelle télé de 27 pouces à écran plat avec son repas et une bonne bière, histoire de décompresser un peu. En entrant chez lui, avant même de se préparer à manger, il avait bien senti qu’il le ferait encore chier. Il l’avait ignoré, tout en préparant son repas et mine de rien, avait ouvert la télé. Il s’était installé dans son fauteuil et mit une sitcom américaine. Jusque-là, il avait bien pensé s’en être tiré.
Puis, alors qu’il ne s’y attendait plus, il avait commencé à lui faire la morale.
-Ah non ! Merde ! Pas encore une de ces sitcoms où on ne doit penser à rien, s’écria l’autre.
-Ben oui, justement, je n’ai pas envie de penser moi… J’ai eu une grosse journée, mon patron ne ma pas lâché et… Oh! Et puis bordel ! Tu veux bien me foutre la paix, oui ? J’en ai marre. Tous les soirs, c’est la même chose avec toi. Pas moyen d’être tranquille… Laisse-moi écouter mon émission en paix…
-T’as pas envie de quelque chose de plus consistant, un reportage ou je sais pas…
-NON, je t’ai dit que je suis crevé.
-Tu es toujours fatigué, tu ne fais plus rien de ta vie. Tu ne t’intéresses plus à rien… Tiens, si tu écoutais de la musique à la place, ça te détendrait, non ?
-Putain, ce que tu peux être chiant à la fin . Je t’avertis, si tu n’arrêtes pas, ça va aller mal pour toi… Tu piges ?
-Oh! Mais calme-toi un peu. Tu vois ce que ça fait la mauvaise télé. On devrait aller faire un tour. Tu vas voir, ça va te calmer…
-BON, ÇA SUFFIT ! Cria-t-il. Je t’ai averti, mais comme toujours, tu ne m’écoutes pas. Là, je vais prendre les grands moyens…
Et c’est ce qu’il fit… Après avoir déposé violemment son repas sur la table (qu’il n’avait pas encore touché d’ailleurs), il se rendit à la cuisine avec détermination. Il s’empara d’un couteau de boucher, d’une petite scie et retourna s’asseoir au salon.
Il déposa la lame tranchante du couteau sur son front, juste au-dessus de l’arcane sourcilière et commença à découper la peau tout autour de son crâne dégarni.
-Mais qu’est-ce que tu fais ? S’écria l’autre avec panique. Tu es complètement malade, arrête ça tout de suite…
Imperturbable, il continua malgré les cris de l’autre :
-Non! Arrête ! Ne fais pas ça, je t’en supplie…
La peau était maintenant enlevée et avec la petite scie, il était en train de découper l’os de son crâne.
L’autre ne parlait plus, il était complètement bouche bée.
La besogne étant terminée, Jean-Louis enleva la calotte crânienne qui fit un bruit de suçotement (ressemblant au son que fait la dernière gorgée aspirer avec une paille) et la déposa sur la table.
De chaque côté de son repas (des tortellinis sauce rosés), il y avait la peau de sa tête sanguinolente et l’os en forme d’œuf de son crâne.
Avec rage, il empoigna son cerveau de ses deux mains, et entreprit de se l’arracher.
La tâche étant plus ardue qu’il ne le croyait, Jean-Louis se précipita à la cuisine.
Avec frénésie, il chercha dans le tiroir à ustensile et ne trouvant pas ce qu’il cherchait, se dirigea au lavabo et y pris une spatule enduite des restes séché de la veille.
-Ah!ha! s’exclama-t-il fièrement.
À grand renfort de cri et de jurons, il entama l’extraction du cerveau avec l’instrument.
Une main appuyée sur son cortex, l’autre tenant fermement l’objet, il souleva le cerveau en ce servant de l’intérieur de son crâne comme levier.
La substance grisâtre s’extirpa avec un grand « POP » comme le fait le bouchon de champagne lorsqu’il est sabré.
-Franchement, je ne pensais pas que tu irais aussi loin… rétorqua l’autre.
Jean-Louis déposa avec contentement sa prise sur la table avec le reste.
-Tiens, voilà maintenant, tu vas arrêter de me tourmenter, de toujours remettre en question ce que je dis ou veux ! Explosa-t-il en ricanant .
Il avait pensé bien faire en s’arrachant le cerveau, il avait pensé lui clouer le bec. Que tout arrêterait enfin.
Mais il s’était trompé, car sur la table, son cerveau se mit à lui parler de plus belle.
-Qu’est-ce que tu croyais ? Que j’allais cesser de te causer, que la petite voix intérieure de la
raison allait s’interrompre ? Ironisa le cerveau de Jean-Louis. Eh bien, non ! Maintenant, c’est une grosse voix extérieure et tu n’as pas fini de m’entendre.
L’homme à la tête vide ne disait rien, il n’arrivait plus à penser.
Le cerveau renchérit :
- Bon, tu vois, tu n’es plus toi-même, tu devrais me reprendre. On fait la paire tous les deux, on est inséparable. Tu ne te sens pas un peu vide sans moi ? Et les courants d’air entre tes oreilles, ça ne te gêne pas ?
-…
N’ayant pas de réaction, la matière grise tenta de le provoquer.
-Si tu voyais ta tête mon pauvre vieux… Tu fais pitié à voir.
Son corps ne réagissant pas, le cerveau eut une approche plus compréhensive.
-Oui... je l’admets… c’est vrai que par moment, je peux être chiant. Avec ma conscience et mes remises en question… mais c’est pour ton bien, tu comprends ?
-PFF ! Réussis à faire la bouche.
-Ça suffit ! Se fâcha le cerveau, je commence sérieusement à avoir froid moi, sur la table. Et côtoyer ce plat de nouille, ça me met mal à l’aise. Aller, remets-moi à ma place.
-Je t’emmerde ! fit le corps, tu n’avais qu’à y penser avant.
-Oh! Très bien, monsieur fait l’indépendant... Toi qui aimes tant la télé, tu penses peut-être qu’avec la télécommande tu te sentirais mieux… qu’elle te ferait penser mieux, n'est-ce pas. Eh bien, vas-y, mets-la dans ta foutue tête creuse pour voir !
-Ben… c’est… exactement… ce que je vais… f-faire articula l’homme avec lenteur…
Le corps se leva en titubant, prit la télécommande et se la mit à la place du cerveau. Ensuite, il remit l’os du crâne et y déposa négligeament la peau.
-Quel imbécile ! Il l’a fait, s’indigna la masse grisâtre. Puis, avec une pointe de fierté : -Finalement, je parviens toujours à l’influencer.
L’homme prit son « pense-bête » et se dirigea vers la cuisine.
-Bon, tu raisonnes enfin… mais que fais-tu ? S’affola-t-il .
Ils approchaient de la corbeille.
-NON ! Tu ne vas tout de même pas me faire ça. Voyons, réfléchit un peu… Ah non, c’est vrai, tu ne peux pas, c’est moi qui te fais réfléchir…
La corbeille ouvrait grand sa gueule prête à avaler cette chair molle.
Complètement paniqué, le cerveau lui expliqua :
-Attend, nous ne faisons qu’un tous les deux, nous avons besoin l’un de l’autre…
Le pied du corps était sur la pédale de la corbeille et la main qui le tenait lâcha prise.
-NOOOOOOON… hurla-t-il en tombant dans la bouche édentée.
Le cerveau fit un bruit mat lorsqu’il atteignit les autres détritus.

Jean-Louis se réinstalla devant sa télé et regarda enfin son émission en paix.
Dans la poubelle, la partie pensante de Jean-Louis n’en menait pas large. Elle se demandait ce qu’elle pouvait bien faire pour se sortir de ce mauvais pas et reprendre la place qui lui revenait. Il devait ce dépêcher car, bientôt il serait trop tard. Lui se mettrait à pourrir et son corps ne pourrais plus jamais réfléchir, contrôlé par une manette de télé ; il serais alors un zombie !
Prit de panique, il commença de se balancer dans la poubelle, ce qui le fit se mélanger encore plus avec les détritus.
Une pensée de dégoût le traversa.
Dans le salon, Jean-Louis fit la grimace comme s’il avait mal au cœur.
Après plusieurs efforts, il réussit enfin à faire chavirer la corbeille et il roula sur le plancher sale de la cuisine, une pelure de banane et un filtre à café (encore plein) accroché au sillon central. Le cerveau se mit à traverser la cuisine en rampant tel un escargot. Sauf qu’au lieu de laisser une trace gluante, c’est du café moulu qu’il laissait derrière lui.
La colère le faisait se mouvoir plus rapidement et il était presque arrivé au sofa.
À la télé, les rires en boîtes fusaient, mais Jean-Louis, sans comprendre pourquoi, fronçait les sourcils avec colère.
Arrivé au pied du canapé, le cerveau de Jean-Louis s’ébroua pour se débarrasser des
immondices, mais ne parvint qu’à se débarrasser du filtre à café. Une branche de la pelure de banane étant trop enfoncée en lui. Le cerveau défit un de ses lobes qu’il projeta vers le sommet du divan tel un câble. Il réussit à se hisser en enroulant le lobe vers lui comme le fait le treuil d’une jeep.
L’opération étant délicate et très complexe à exécuter, cela lui demanda beaucoup de concentration, surtout avec l’excédent de poids provenant de la pelure qui pendait derrière lui.
Jean-Louis, ne s’apercevant de rien, avait les yeux plissés et le visage couvert de sueur.
Arrivé au sommet, le cerveau sauta sur la nuque de son corps et s’y hissa calmement. Il n’était pas inquiet. Jean-Louis ne pouvait rien éprouver, car c’était lui qui lui faisait ressentir les sensations.
Une fois au sommet du crâne, il poussa le crâne découpé comme si c’était le couvercle d’un sarcophage et surprit la télécommande en train de se connecter au système nerveux.
À nouveau, le cerveau défit un lobe et agrippa la manette, l’arracha du crâne et la projeta sur la table.
Avec un cri de guerre, il sauta dans les airs et atterrit proche de l’ennemi.
La télécommande s’était reprise et dès que le cerveau fut sur la table, elle le plaqua et le fit tomber dans le plat de pâte. Le cerveau qui baignait dans la sauce rosée avait maintenant la télécommande sur son cortex et cette dernière lui insérait des pâtes ‘al dente ‘ dans le sillon central.
Le cerveau sentit sa fin arriver.
Soudain, réalisant ce qui adviendrait de Jean-Louis s’il mourait, un regain d’énergie le submergea. Avec un effort surhumain, il réussit à se lever sur son cervelet, catapultant ainsi la manette de contrôle à l’extrémité de la table. Puis, toujours assis sur son cervelet, le cerveau, en se servant des hémisphères gauches et droits, se mit à avancer en se balançant sur un et sur l’autre. La télécommande s’était relevée et le cerveau arrivait maintenant à sa hauteur.
Ils étaient dorénavant face à face et ils se toisaient du regard.
On aurait pu entendre une mouche voler, si ce n’était que la télé était toujours ouverte.
Ils étaient à mi-chemin entre la télé et Jean-Louis et ce dernier les voyait nez à nez juste devant la série « FRIENDS ».
La télécommande fit un mouvement vers le cerveau qui la laissa approcher. Lorsqu’elle fut assez près, le centre du cerveau s’ouvrit avec un bruit de succion, des filets visqueux reliait les deux extrémités. Puis dans un dernier effort, le cerveau se propulsa vers l’avant et il engloutit la télécommande d’un seul trait. Le cerveau retomba sur son lobe temporal et se mit à mastiquer. À la télévision, les postes se mirent à changer avec frénésie et ne s’arrêtèrent que lorsque le cerveau eu finit de mâcher.
-BURRRRRP fit Jean-Louis sur le sofa. Il se leva et prit son cerveau dans ses mains avec précaution et se rendit à la cuisine. Une fois devant le lavabo, Jean-Louis enleva la pelure de banane et entreprit de le rincer à l’eau.
-Fais attention, je ne veux pas être noyé, lui dit son cerveau.
-Ne t’en fais pas…Rétorqua son corps avec lenteur.
Il le tenait de sa main gauche et de la droite, imprégné d’eau, il enlevait la sauce et les grains de café avec tendresse.
-Dis-moi s’enquit Jean-Louis, on a pas un peu fini de se chamailler comme ça pour des riens ?
-Oui, tu as raison !
Jean-Louis remit son cerveau dans sa calotte crânienne.
-Tiens poursuivi le cerveau, je te propose un arrangement. Ce soir, tu regardes ce que tu veux à la télé et demain soir, je décide de l’activité qu’on fera, ça te va ?
-Oui, tout à fait, c’est une bonne idée…
De retour dans le salon, il se réinstalla confortablement sur son fauteuil et remis négligemment l’os de son crâne et son scalp par-dessus son encéphale.
-HAAAA… comme c’est réconfortant de se retrouver au chaud, chez soi …
-Ça fait du bien de combler ce vide, ça, c’est certain…
Il avait pris son plat de pâte et commençait à manger avec appétit ses tortellinis à présent froids. Il pouvait enfin s’adonner à son activité favorite, ‘zappée ’ à sa guise.
Sur l’écran de télévision, on voyait les postes défilées à un rythme régulier, le même rythme que le clignement de ses yeux.
Un sourire de satisfaction béat illuminait son visage.
-Quelle bonne idée que tu as eue de la manger … Lui dit Jean-Louis plein d’admiration.
Et sur l’air d’une vieille chanson populaire, le cerveau rétorqua : -I got the power…
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Okuni Day
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MessageSujet: Re: Tête à claque ou cohabitation difficile   Mer 20 Avr - 10:33

C'est le fun a relire ce délire, presque aussi bon que bar-fly. Allez fait moi plaisirs envoie moi bar-fly.

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MessageSujet: voilà...   Mer 20 Avr - 23:44

thumright...c'est fait. thumleft
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Okuni Day
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MessageSujet: Re: Tête à claque ou cohabitation difficile   Mer 20 Avr - 23:54

Ben merci, tu vas me demander des cailles j'supose?

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MessageSujet: Re: Tête à claque ou cohabitation difficile   Jeu 21 Avr - 0:57

Ben, puisque tu propose... Mais non, grand fou du krarft diner serai bien en autant que JE PUISSE TE VOIR, SACRAMENT!!! M'EN FOU D'LA BOUFFE, MOI... C'EST TOI QUE JE VEUX VOIR. J'M'ENNUI. Sad Crying or Very sad
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Okuni Day
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MessageSujet: Re: Tête à claque ou cohabitation difficile   Dim 1 Mai - 13:32

MOÉ AUSSI BOUHOU BOUHOU

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MessageSujet: Re: Tête à claque ou cohabitation difficile   Lun 2 Mai - 5:33

Arrow Criss, y'était tant. Ça fait dix jour que je t'ai envoyer ce M.P. T'étais trop timide ou ta peur de tes émotions, comme un vrai gars. Twisted Evil Wink
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